L’article ne concerne pas réellement le français familier. Son but est de montrer comment la simple disparition du « e muet » peut rendre difficile la compréhension d’une phrase. Cette phrase commence par « si tu crois xa va… »
 
Cette phrase se trouve dans une poésie de Raymond Queneau, écrivain qui s’est beaucoup intéressé à l’utilisation du français familier dans la littérature, notamment en utilisant non pas des mots du dictionnaire, mais des mots orthographiés comme ils sont prononcés.
 
Voici une vidéo que j’ai créée pour mes étudiants (de niveau faux débutants). La première partie (et la partie gauche des paroles) montre le début de la chanson avec des sous-titres tels qu’on les entend, et notamment avec que les mots xa et va, ainsi qu’un mot formé par une liaison et le début d’un autre mot, za. La deuxième moitié (et partie droite des paroles) montre l’orthographe standard:
 

 

si tu t’imagines
si tu t’imagines
fillette fillette
si tu t´imagines
xa va xa va xa
va durer toujours
la saison des za
saison des za
saison des amours
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures

si tu t’imagines
si tu t’imagines
fillette fillette
si tu t’imagines
que ça va, que ça va, que ça
va durer toujours
la saison des a-
saison des a-
saison des amours
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures

L’expression « ce que tu te goures » appartient aussi au français familier, elle signifie « comme tu te trompes ».
 
Pour les étudiants qui souhaitent aller plus loin, voici un très bref article de Wikipédia qui explique le lien entre cette poésie et L’Ode à Cassandre de Ronsard.