Dans les articles de la catégorie FRANÇAIS FAMILIER, je vais présenter, avec des vidéos préparées pour mes étudiants, les caractéristiques principales du français parlé assez rapidement et de ce qu’on appelle généralement le français familier.
 
Ces articles s’adressent à des étudiants de français langue étrangère et sont volontairement écrits d’une manière simple et, je l’espère, facile à comprendre.
 
Pour les étudiants de français langue étrangère habitués à la forme écrite des mots, le français parlé rapidement est difficile à comprendre pour deux raisons principales : d’une part à cause des particularités de la prononciation du français (e muets, liaisons, etc.) et d’autre part à cause des simplifications grammaticales et phonétiques fréquentes dans les conversations courantes (absence du NE de la négation, simplification de certains mots, etc.).
 
L’article d’aujourd’hui est une brève présentation des principales difficultés du français parlé rapidement.
 
1. La plupart des e muets susceptibles de ne pas être prononcés disparaissent. Par exemple le mot samedi est prononcé SAM DI, la phrase Elle mange est prononcée ÈL MANJ.
 
2. La disparition des e muets entraîne des modifications phonétiques. Exemple : l’expression pas de quoi est presque prononcée PAT KWA). Elle entraîne aussi parfois la création de consonnes doubles. Exemple : la phrase Ça se sent est prononcée SAS SAN, et s’oppose à Ça sent, prononcé SA SAN.
 
3. Les liaisons et les enchaînements unissent les consonnes finales aux voyelles initiales des mots suivants. Exemple de liaison : ils ont se prononce IL ZON; exemple d’enchaînement : il a est prononcé I LA.Dans certains cas, il est difficile de savoir si on fait une liaison ou un enchaînement. Exemple : dans l’expression des jours et des nuits la prononciation normale se fait avec un enchaînement DÉ JOU RÉ DÉ NUI, tandis que la prononciation avec une liaison DÉ JOUR ZÉ DÉ NUI est « littéraire » et peu naturelle dans la conversation.
 
4. Les voyelles successives de deux mots successifs sont prononcées sans interruption. Si ces voyelles sont identiques, des voyelles longues se forment et rendent la perception difficile. Exemple : L’imparfait Je l’aimais ressemble beaucoup au passé composé Je l’ai aimé JE LÉ MÉ / JE LÉÉ MÉ, mais la nuance exprimée est très différente.
 
Dans mon prochain article, je présenterai les principales caractéristiques du français familier.